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17/09/2026

Flexi-job pour les indépendants en 2026 : ce que la proposition sur la table changerait concrètement

Aujourd'hui, un indépendant à titre principal ne peut pas exercer de flexi-job. La ministre des Indépendants et des PME Eléonore Simonet veut changer cela et a déposé une proposition visant à ouvrir le système des flexi-jobs aux indépendants à titre principal et aux conjoints aidants. Le Comité général de gestion pour le statut social des travailleurs indépendants a donné un signal favorable dans son avis 2026/08, avec un plafond de 480 heures par an et une série de conditions. Le dossier arrivera à l'automne sur la table des discussions budgétaires fédérales. Dans cet article, vous découvrez ce qui est proposé, pour qui cela vaudrait, quelles sont les règles actuelles et pourquoi tout le monde n'est pas enthousiaste.

Ce qui est proposé

La proposition veut lever un seuil précis. Celui qui est indépendant à titre principal est aujourd'hui exclu du système des flexi-jobs. En tant qu'indépendant, vous pouvez engager un flexi-jobber, mais vous ne pouvez pas en devenir un. Concrètement, un gérant, un freelance ou un artisan qui veut donner un coup de main quelques soirées dans un établissement horeca ou un commerce pendant une période creuse ne peut le faire aujourd'hui que via un contrat de travail ordinaire ou en facturant.

Le raisonnement derrière la proposition est simple. Les revenus d'un indépendant fluctuent. Une activité saisonnière, une mission qui tombe à l'eau, un hiver sans travail : dans ces périodes, un flexi-job permettrait de compléter les revenus sans arrêter sa propre activité. Le flexi-job reste explicitement une activité complémentaire et non un remplacement de l'activité principale.

L'avis du Comité général de gestion est un avis, pas une loi. La mise en œuvre concrète dépend des discussions budgétaires fédérales et d'un projet de loi qui devra ensuite passer au parlement. Il n'existe donc pas encore de date à laquelle un indépendant pourra accepter un flexi-shift.

Pour qui cela vaudrait

Selon l'avis, le régime resterait limité aux indépendants à titre principal et aux conjoints aidants. Les indépendants à titre complémentaire en sont donc exclus, tout comme les étudiants-indépendants et les indépendants pensionnés. C'est logique : celui qui travaille à titre complémentaire exerce le plus souvent déjà une activité principale comme salarié et peut de ce fait souvent déjà exercer un flexi-job par la voie ordinaire.

La frontière entre une activité complémentaire et un flexi-job n'est pas évidente pour tout le monde. La différence tient au statut : dans un flexi-job vous êtes travailleur salarié avec un contrat de travail, dans une activité complémentaire vous travaillez pour votre propre compte et vous facturez vous-même. Nous comparons les trois manières d'arrondir ses fins de mois dans notre blog sur le side hustle, l'activité complémentaire et le flexi-job : anyshift.be.

Les conditions sur la table

L'avis énumère quatre conditions qui ouvrent la porte tout en évitant les abus.

  • Affiliation. Vous devez être affilié à une caisse d'assurances sociales pour indépendants et inscrit à la Banque-Carrefour des Entreprises.
  • Cotisations payées. Vos cotisations sociales d'indépendant doivent être correctement payées au troisième trimestre précédant le flexi-job, la fameuse règle T-3. C'est la même logique que pour les salariés, qui doivent avoir travaillé au moins à quatre cinquièmes en T-3.
  • Plafond d'heures. Maximum 480 heures par année civile en flexi-job. Cela représente environ 60 journées de huit heures, ou un shift de soirée par semaine plus une partie du week-end.
  • Pas dans sa propre société. Vous ne pouvez pas exercer un flexi-job dans votre propre société ni dans une entreprise liée. On évite ainsi qu'un gérant se rémunère à moindre coût via un contrat flexi.

L'application de contrôle existante devrait par ailleurs être adaptée pour qu'un employeur puisse vérifier au préalable si un candidat remplit toutes les conditions. Aujourd'hui, cette vérification existe déjà pour les salariés via le guichet flexi.

Ce qui ne change pas : les règles flexi actuelles

Si la proposition devient loi, les mêmes règles du jeu s'appliqueront aux indépendants qu'à tous les autres flexi-jobbers. Elles ont été étendues à tous les secteurs depuis le 1er juillet 2026, avec un mécanisme d'opt-out permettant aux secteurs d'exclure le flexi-job ou d'imposer des règles supplémentaires. Vous en lisez plus dans notre blog sur les flexi-jobs dans tous les secteurs : anyshift.be.

Concrètement pour 2026 : vous gagnez jusqu'à 18.440 euros par an sans impôts ni cotisations sociales. Dans l'horeca, le salaire flexi minimum s'élève à 12,11 euros brut par heure, plus 0,93 euro de pécule de vacances flexi, soit 13,04 euros brut par heure au total. Ce brut est directement votre net. Le pécule de vacances flexi s'élève à 7,67 pour cent de votre salaire flexi et est payé à chaque shift. L'employeur paie de son côté une cotisation spéciale de 28 pour cent. Tous les montants et toutes les règles figurent dans notre blog sur le salaire horaire flexi-job en 2026 : anyshift.be.

Le plafond de 480 heures est neuf et ne vaudrait que pour les indépendants. Les flexi-jobbers ordinaires n'ont pas de plafond d'heures, seulement le plafond fiscal de 18.440 euros.

La critique : des frontières qui s'estompent et la facture

Tout le monde n'est pas convaincu. Du côté des freelances, on s'inquiète de voir la frontière entre salarié et indépendant s'estomper davantage. Jenny Björklöf, de Freelancers in Belgium, avertit que les flexi-jobs risquent de remplacer des emplois ordinaires ou des missions freelance. Le raisonnement : si une entreprise peut faire exécuter une tâche pour 28 pour cent de cotisation plutôt que via une mission freelance ou un contrat fixe, la formule la moins chère devient vite la norme.

Il y a ensuite la question budgétaire. Le système flexi a coûté à la sécurité sociale environ 500 millions d'euros en 2025, et cette facture grandit avec chaque extension. C'est précisément pour cela que le dossier atterrit dans les discussions budgétaires et non comme une loi isolée. Qui veut suivre le débat sur les extensions trouvera dans notre blog sur la proposition de loi concernant les flexi-jobs pour les malades de longue durée : anyshift.be un dossier comparable qui suit le même chemin.

Ce que cela signifierait pour les employeurs

Pour les entreprises qui travaillent avec des pics d'activité, c'est une nouvelle intéressante. Les indépendants à titre principal représentent des centaines de milliers de personnes avec de l'expérience, une activité propre et souvent exactement les compétences recherchées dans l'horeca, le retail et l'événementiel. Un cuisinier avec son propre service traiteur qui vient prêter main-forte le samedi, un graphiste qui tient le bar le week-end : ces profils sont aujourd'hui difficiles à mobiliser.

Sur le plan administratif, peu de choses changent. Vous introduisez toujours une Dimona de type FLX et vous payez la même cotisation spéciale. La différence avec un intérimaire reste également valable, et nous la chiffrons dans notre blog sur le flexi-jobber face à l'intérimaire : anyshift.be. Vous voulez déjà travailler avec des flexi-jobbers ? Consultez notre page pour les entreprises : anyshift.be.

En pratique : contrat, Dimona et ce que vous pouvez déjà faire

Un flexi-job démarre par un contrat-cadre entre l'employeur et le flexi-jobber, et par shift un contrat de travail flexi, écrit ou oral. L'employeur introduit avant le début une Dimona FLX avec les heures. Via AnyShift, cela se fait automatiquement dès que vous acceptez un shift, et vous voyez immédiatement ce qu'il vous reste en net. Comment d'autres shifteurs s'y prennent, vous le lisez sur notre page pour les shifteurs : anyshift.be.

Vous êtes aujourd'hui indépendant à titre principal ? Vous ne pouvez pas encore accepter un flexi-shift. Ce que vous pouvez déjà faire : vérifier si vos cotisations sont payées correctement, car la condition T-3 regarde en arrière dans le temps. Qui accuse un retard au quatrième trimestre 2026 ne pourrait pas exercer de flexi-job au troisième trimestre 2027 si le régime existe alors. Toutes les règles flexi actuelles se trouvent sur notre page consacrée aux flexi-jobs : anyshift.be.

Cinq conseils pour être prêt

  • Suivez vos cotisations. La condition T-3 est le seuil le plus sous-estimé. Un trimestre impayé peut vous exclure un an plus tard.
  • Calculez vos 480 heures à l'avance. Ce plafond est plus serré que le plafond fiscal de 18.440 euros. Dans l'horeca, 480 heures représentent environ 6.260 euros brut.
  • Choisissez un secteur qui colle à votre activité. L'expérience dans le même secteur vous vaut de meilleurs shifts et ne concurrence pas vos propres clients, tant que vous n'emmenez pas de clients.
  • Vérifiez votre secteur. Depuis le 1er juillet 2026, les secteurs peuvent exclure ou limiter le flexi-job via un opt-out. Contrôlez-le avant de planifier.
  • Préparez déjà votre profil. Celui qui est disponible immédiatement le jour de l'entrée en vigueur décroche les premiers shifts.

Questions fréquentes sur les flexi-jobs pour indépendants

Puis-je exercer un flexi-job aujourd'hui en tant qu'indépendant à titre principal ?

Non. Les indépendants à titre principal sont aujourd'hui exclus du système flexi. La proposition de changer cela est sur la table, mais n'est pas encore une loi.

Quand le régime entrerait-il en vigueur ?

Il n'y a pas de date. Le dossier sera abordé lors des discussions budgétaires fédérales de l'automne et devra ensuite passer au parlement sous forme de projet de loi.

Combien d'heures pourrais-je travailler ?

L'avis parle de maximum 480 heures par année civile. Ce plafond s'ajoute au plafond fiscal de 18.440 euros valable pour tous les flexi-jobbers.

Puis-je alors exercer un flexi-job dans ma propre société ?

Non. La proposition exclut explicitement la propre société et les entreprises liées.

Cela vaut-il aussi pour les indépendants à titre complémentaire ?

Non. Le régime resterait limité aux indépendants à titre principal et aux conjoints aidants. Celui qui exerce une activité complémentaire à côté d'un emploi salarié peut souvent déjà exercer un flexi-job via les conditions ordinaires.

En résumé

La proposition de la ministre Simonet donnerait aux indépendants à titre principal et aux conjoints aidants un accès aux flexi-jobs, avec un plafond de 480 heures par an, une condition T-3 sur les cotisations sociales et une interdiction de travailler dans sa propre société. L'avis est favorable, mais la décision tombera lors des discussions budgétaires. D'ici là, les règles actuelles restent d'application : 18.440 euros par an exonérés d'impôts et 28 pour cent de cotisation pour l'employeur. Envie d'en lire plus ? Consultez nos autres blogs : anyshift.be ou nos questions fréquemment posées : anyshift.be. Vous êtes employeur et vous cherchez des flexi-jobbers ? Découvrez ce qu'AnyShift fait pour les entreprises : anyshift.be.

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