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18/05/2026

Un flexi-job et une allocation ? Le CD&V veut fermer la porte dérobée en 2026

Publié le : • 5 minutes de lecture • Par AnyShift

Plus de 8.000 Belges combinent aujourd'hui une allocation avec un flexi-job. Ils sont officiellement au chômage, malades, en crédit-temps ou en congé parental, et pourtant ils passent un ou deux jours par semaine derrière le comptoir d'un café, dans l'entrepôt d'un commerce ou chez le boulanger du coin. C'est aujourd'hui parfaitement légal, mais si cela ne tenait qu'à la députée Nathalie Muylle (CD&V), cela changera en 2026.

Le timing n'est pas un hasard. À partir du 1er juillet 2026, le système des flexi-jobs sera étendu à tous les secteurs du marché du travail belge. Celui qui reste aujourd'hui chez lui avec une allocation pourra bientôt arrondir ses fins de mois sans impôt dans pratiquement n'importe quelle entreprise. Pour qui défend une réactivation durable des malades de longue durée, c'est un problème.

Dans ce blog, nous expliquons ce qui pose exactement problème dans la réglementation actuelle, quelle proposition de loi le CD&V met sur la table, et ce que cela signifie pour vous en tant que flexi-jobber, travailleur malade de longue durée ou employeur en 2026.

Les chiffres : qui combine aujourd'hui une allocation avec un flexi-job ?

Une étude publiée début 2026 a révélé que plus de 8.000 compatriotes combinent aujourd'hui un flexi-job avec une allocation sociale. Il s'agit de personnes au chômage, en congé parental ou en crédit-temps, ou restées chez elles pour cause de maladie de longue durée. La pratique est entièrement légale, mais les chiffres augmentent d'année en année.

Le point le plus sensible concerne les malades de longue durée. Selon les mêmes chiffres, plus de 240 malades de longue durée complètent actuellement leur indemnité de maladie par du travail flexible. Sur une population de 576.000 malades de longue durée en Belgique, cela semble peu, mais c'est un groupe qui peut grandir rapidement dès que le système sera élargi en juillet 2026.

8.000+

Belges combinent aujourd'hui une allocation avec un flexi-job

Pourquoi est-ce si intéressant fiscalement ?

Sur ce que vous gagnez avec un flexi-job, vous ne payez ni impôt des personnes physiques ni cotisations ONSS ordinaires. Combinez cela avec une allocation et vous arrivez rapidement à un revenu net proche de celui d'un emploi à temps plein. Le professeur de politique socio-économique Ive Marx (UAntwerpen) parle d'un véritable piège à l'inactivité : pourquoi un malade de longue durée recommencerait-il à travailler à temps plein s'il ou elle peut faire du travail flexible non imposé tout en conservant l'intégralité de son allocation ?

C'est exactement cette logique financière que la proposition de loi de Muylle veut casser.

Que dit la loi aujourd'hui ?

Tous les bénéficiaires d'une allocation ne peuvent pas simplement accepter un flexi-job. Les conditions varient selon le type d'allocation. Passons-les en revue, car c'est surtout la différence entre les chômeurs et les malades de longue durée qui saute aux yeux.

Type d'allocation Condition pour faire du travail flexible
Au chômage Avoir travaillé au moins 4 jours par semaine durant les 9 mois précédant le chômage
Congé parental ou crédit-temps Au moins 12 mois de contrat flexi-job avant le début du congé
Malade de longue durée (aujourd'hui) Au moins 4 jours d'indemnité de maladie par semaine + accord du médecin-conseil
Malade de longue durée (après la proposition de loi) Uniquement la poursuite d'un contrat existant, pas de nouveaux débuts

Ce qui frappe : pour les chômeurs, les personnes en congé parental ou en crédit-temps, des conditions de travail préalables s'appliquent. Pas pour les malades de longue durée. Aujourd'hui, ils peuvent se lancer sans jamais avoir exercé de flexi-job auparavant, dès qu'un médecin donne son feu vert. C'est là que le bât blesse, selon le CD&V.

La situation 80/20 comme exemple type

Muylle cite elle-même un exemple parlant : un travailleur déclaré malade à 80% peut faire du travail flexible pour les 20% restants. Résultat : 100% de l'indemnité de maladie est conservée, plus un revenu non imposé issu du flexi-job. Selon la députée, cela pose problème : « Pourquoi reprendrait-on alors encore un jour un travail à temps plein ? »

La proposition de loi Muylle : qu'est-ce qui change ?

La proposition de loi sur la table en mai 2026 est étonnamment nuancée. Elle ne supprime pas complètement les flexi-jobs pour les malades de longue durée, mais établit une distinction claire entre ceux qui étaient déjà actifs et ceux qui ne commencent le travail flexible que pendant leur maladie.

Qu'est-ce qui reste possible ?

  • Celui qui exerçait déjà un flexi-job avant la maladie peut continuer à le faire.
  • Le nombre d'heures ne peut toutefois pas être augmenté pendant la période de maladie.
  • Le médecin-conseil continue de décider si travailler est médicalement justifié.

Qu'est-ce qui sera interdit ?

  • Commencer de nouveaux flexi-jobs pendant une période de maladie devient impossible.
  • Celui qui n'a jamais été actif comme flexi-jobber avant la maladie ne peut pas non plus s'y mettre.

Le système pour les malades de longue durée est ainsi aligné sur les règles qui s'appliquent déjà aux personnes en congé pour soins ou en crédit-temps. Pas d'encouragement à mettre en place un nouveau canal de revenus complémentaires non imposés depuis la maladie, mais de la place pour poursuivre les engagements existants.

Pourquoi le timing est crucial : l'extension du 1er juillet 2026

La proposition de loi ne tombe pas du ciel. Le 1er juillet 2026, les flexi-jobs seront déployés dans tous les secteurs du marché du travail belge. Cela signifie que le vivier de fonctions flexi possibles s'élargit énormément, des soins de santé et de l'horeca à pratiquement chaque secteur privé et public. Un chauffeur de bus malade de longue durée pourrait soudain faire du travail flexible comme chauffeur de bus dans une autre entreprise. Un informaticien en congé de maladie pourrait arrondir ses fins de mois dans une autre société de logiciels.

« Je crains que tous les freins ne sautent et que beaucoup plus de malades de longue durée ne se mettent au travail flexible si nous n'adaptons pas le système. »

- Nathalie Muylle (CD&V)

Selon le gouvernement fédéral, la réduction du nombre de malades de longue durée est l'un des objectifs principaux. Avec quelque 576.000 personnes restées chez elles de longue durée, il existe une énorme réserve de main-d'œuvre. En même temps, la Flandre compte aujourd'hui encore environ 174.000 postes vacants. La question n'est donc pas de savoir s'il y a assez de travail, mais si le système encourage vraiment les gens à se remettre au travail.

« Ça fait mal quand un collègue malade travaille chez le boulanger »

Dans les petites PME, la réglementation actuelle mène parfois à des situations amères. Imaginez : un collègue est malade à la maison depuis des mois. Sur le lieu de travail, tout le monde est sur le pont pour absorber ce surcroît de travail. Et puis vous voyez ce même collègue vendre du pain le dimanche chez le boulanger du coin. C'est exactement le genre de scène que le CD&V veut éviter. Non pas en supprimant les flexi-jobs, mais en fermant la porte dérobée pour ceux qui ne s'inscrivent que pendant leur maladie.

Que dit le ministre de l'Emploi David Clarinval ?

Le ministre de l'Emploi David Clarinval (MR) ne rejette pas la proposition du CD&V, mais veut d'abord laisser l'extension générale de juillet 2026 faire son œuvre. Son approche : d'abord étendre, évaluer fin 2026, puis intervenir éventuellement. La question de savoir si la proposition de loi aboutira effectivement sous la législature actuelle dépend donc de cette évaluation. Muylle elle-même se montre optimiste, car la proposition s'inscrit dans l'objectif plus large de remettre les malades de longue durée au travail.

Pour suivre de près l'évolution de la législation, rendez-vous sur notre page de questions fréquentes ou sur la page de présentation de tous les blogs.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous en tant que flexi-jobber ?

Vous combinez aujourd'hui un flexi-job et une allocation, ou vous l'envisagez ? Voici les conséquences pratiques à garder à l'œil en 2026 :

  • Chômeurs : les règles ne changent pas avec cette proposition. La condition de quatre jours de travail durant les neuf mois précédant le chômage reste d'application.
  • Congé parental et crédit-temps : rien ne change ici non plus. Le délai légal de douze mois de flexi-job préalable reste en vigueur.
  • Malades de longue durée avec un contrat existant : vous pouvez continuer à travailler, mais vos heures ne peuvent pas augmenter.
  • Malades de longue durée sans antécédents : si la proposition devient loi, vous ne pourrez plus accepter de nouveau flexi-job pendant votre période de maladie.

Si vous êtes en forme et disponible et que vous vous demandez si un flexi-job est fait pour vous : consultez les fonctions ouvertes dans votre région via les lieux de flexi-jobs et jobs étudiants. De nombreux secteurs cherchent désespérément des bras supplémentaires, et avec l'extension de juillet, l'offre ne fera que s'élargir.

Qu'est-ce que cela signifie pour les employeurs ?

Pour les employeurs, rien ne change administrativement pour l'instant, mais le signal est clair : les autorités veulent éviter que les flexi-jobs ne deviennent un frein à la réactivation durable. L'employeur qui veut faire revenir un malade de longue durée à bord a tout intérêt à miser sur la reprise progressive du travail au sein de sa propre entreprise plutôt que d'attendre que la personne aille faire du travail flexible chez le voisin.

« Un flexi-job n'est que passager et temporaire. Il vaut mieux laisser les gens redémarrer un ou deux jours par semaine chez leur propre employeur, ou chercher ensemble un nouvel emploi durable. »

- Nathalie Muylle (CD&V)

Les employeurs qui souhaitent recourir au système des flexi-jobs pour d'autres groupes cibles, comme les étudiants, les pensionnés ou les travailleurs à temps plein avec un second emploi, peuvent introduire une demande via notre page entreprises. Avec l'extension sectorielle du 1er juillet 2026 en vue, il est d'autant plus intéressant de passer dès maintenant ses horaires de travail en revue.

Conclusion : une correction, pas une suppression

La proposition de loi de Nathalie Muylle n'est pas une attaque contre le système des flexi-jobs. C'est une tentative de limiter de manière plus ciblée une combinaison spécifique, à savoir une indemnité de maladie plus un nouveau flexi-job. L'idée sous-jacente est claire : celui qui est malade doit se concentrer sur sa guérison et sa réactivation, pas sur un second revenu non imposé qui rend le retour au travail à temps plein financièrement peu attrayant.

Que la proposition aboutisse ou non dépendra de l'évaluation fin 2026. D'ici là, la réglementation actuelle reste en vigueur, avec la grande extension du 1er juillet comme moment charnière. Pour qui veut travailler correctement dans les règles, aujourd'hui comme demain, un conseil prime : restez informé. La législation sur les flexi-jobs évolue si vite en 2026 que ce qui était encore correct en janvier sera déjà dépassé en juillet.

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